Hausse des médicaments : Dirk Van Duppen veut remettre le modèle kiwi à l’ordre du jour

Une nouvelle étude de l’INAMI le prouve. Les dépenses en médicaments sont à nouveau en forte hausse. La ministre Onkelinx estime même la situation inquiétante et réunit une table ronde le 11 mars. Pour le docteur Dirk Van Duppen de Médecine pour le Peuple et du PTB, le modèle kiwi doit être remis à l’ordre du jour.

Les experts de l’« Unité de gestion de la politique pharmaceutique » de l’INAMI constatent pour l’an 2008 une nouvelle forte hausse des dépenses en médicaments. Les dépenses totales ont augmenté de 12,5 %, dont 5,4 sont imputables à l’intégration depuis le 1er janvier 2008 des petits risques pour les indépendants. Une hausse nette de 7,1 % signifie encore 60 % de plus que la norme de croissance de 4,5 % prévue par le gouvernement pour l’assurance maladie.

C’est en flagrant contraste avec la baisse absolue de 40 millions d’euros des dépenses en médicaments de l’INAMI au cours de la période 2005-2006, baisse que d’aucuns avaient surnommée « l’inflexion kiwi ». Le débat sur le modèle kiwi et les mesures qui avaient suivi avaient à l’époque fait baisser les prix de 900 médicaments. Or, en volume, la consommation médicamenteuse de 2008 s’est accrue de 6 % par rapport à 2007.

Hier, jeudi 4 mars, la ministre des Affaires sociales Laurette Onkelinx a qualifié d’« inquiétante » cette hausse pour certaines catégories de médicaments. La ministre renvoie à l’importante consommation des antidépresseurs dans les soins de santé mentaux ou des neuroleptiques chez les personnes âgées. En même temps, de nouveaux médicaments, tels les vaccins contre le cancer de la matrice, sont également responsables de cette forte hausse, puisqu’ils y interviennent pour un quart.

« La première chose qui peut et doit arriver maintenant, c’est une application du modèle kiwi aux médicaments les plus prescrits », déclare le Dr Dirk Van Duppen, de Médecine pour le Peuple, l’initiateur en Belgique de ce modèle. Avec le modèle kiwi, on obtient pour les meilleurs médicaments les prix les plus avantageux et ce, via le pouvoir de l’assurance maladie, par exemple en organisant des appels d’offres publiques. Et Dirk Van Duppen d’ajouter : « L’an dernier, l’INAMI a encore publié un autre rapport très intéressant, le rapport MORSE. MORSE signifie “Monitoring Of Reimbursement Significant Expenses” (contrôle des importantes dépenses en remboursement). Ce rapport est un document interne semestriel de l’INAMI qui suit et analyse les dépenses en médicaments remboursables dans les pharmacies accessibles à tous et dans les hôpitaux. Il mentionne des faits et des chiffres qui plaident en faveur de l’application générale du modèle kiwi. Déjà à l’époque, le rapport MORSE disait que le remboursement des vaccins de prévention du cancer de la matrice constituait la principale raison de la hausse actuelle. Ces vaccins, le Gardasil et le Cervarix, sont écoulés sur le marché par deux firmes. Coût : 125 euros par vaccin, à administrer trois fois, soit 375 euros par cure de vaccination. Pourtant, l’État pourrait organiser des offres publiques d’achat, comme cela se fait déjà pour le vaccin antitétanique, de sorte que de fortes baisses de prix sont possibles. »

Mais Dirk Van Duppen renvoie à des données encore plus intéressantes rassemblées par les experts de l’INAMI : « La partie la plus intéressante du rapport MORSE se situe dans la comparaison entre les prix pratiqués en Belgique et aux Pays-Bas. Depuis le 1er juillet 2008, on applique aux Pays-Bas une forme de modèle kiwi, le système de remboursement préférentiel. Les prix néerlandais sont entre six et douze fois moins élevés que le générique le moins cher en Belgique.

Prenez les deux médicaments dont, aux yeux de la ministre, la hausse est la plus inquiétante : les antidépresseurs et les neuroleptiques. L’antidépresseur le plus prescrit est le citalopram (Cipramil). En Belgique, selon le rapport MORSE, son prix oscille entre 31,80 et 66,60 euros. Aux Pays-Bas, pour la même quantité, il coûte 3,47 euros. Le neuroleptique le plus consommé, la risperidone (Risperdal), coûte en Belgique entre 152,40 et 243,00 euros ; aux Pays-Bas, son prix est de 12,40 euros. Sur base des chiffres d’IMS Health, nous avons calculé que, si nous adaptions à la consommation belge les prix appliqués aux Pays-Bas, l’INAMI épargnerait 310 millions d’euros sur ces médicaments, et le patient en épargnerait encore 110 millions de plus. »

Dirk Van Duppen soutient la ministre quand elle déclare qu’elle « espère pouvoir faire des propositions à très court terme. C'est urgent, non seulement en termes de santé publique, en termes de budget mais aussi parce que dans une période de crise économique et sociale comme nous la connaissons, il y a des risques que ce chiffre augmente encore.» Aussi Dirk Mais Van Duppen demande que la ministre prenne enfin en compte la proposition de loi rendant possible l’application intégrale à la Belgique du modèle kiwi.

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Documents de l’INAMI : http://www.riziv.fgov.be/drug/fr/statistics-scientific-information/repor... http://www.inami.fgov.be/drug/fr/statistics-scientific-information/pharmanet/introduction/pdf/analyticalreport.pdf